Le scandale de la pomme de terre importée du
Canada et qui a éclaté en Algérie est révélateur d'un système, disons corrompu jusqu'au cou. Ce n'est que de la peine, de vouloir positiver une gouvernance dont le système va jusqu'à permettre d'importer pour ses administrés de la pomme de terre pourrie et sans que, personne dans la hiérarchie des responsabilités, ne soit inquiété!
Les uns, c'est un peu comme fuir la problématique de la fragilité du système, accuser l'autre, faire de la diversion... Qu'on parle de la mondialisation et de la coopération internationale et mettre les échanges internationaux en cause pour dire de ces échanges qu'ils "...non seulement appauvrissent les pays du tiers-monde, mais également transmettent les maladies aux populations tout en leur faisant payer le prix fort." c'est un autre problème. Mais ce n'est pas Le Problème.
Le problème est d'ordre sécuritaire, beaucoup plus que sanitaire ou économique. Un pays qui n'a pas le souci de vérifier si l'on ne déverse pas sur ses marchés des produits impropres à la consommation est un pays déjà empoisonné et ruiné.
D'autres accusent des fantômes. Qui sont les lobbies et qui est l'état? Pour écrire que Les lobbies sont forts quand l'Etat est faible et que les institutions ne jouent pas leur rôle, il est de courtoisie littéraire d'ajouter des noms. Quels lobbies et qui sont les instigateurs et les empocheurs? Mais aussi quel État si les acteurs et l'État ne sont pas confondus. Ne sont-ils pas garantis de protéction dès le départ?
Les scandales en Algérie
Lorsqu’un gros scandale éclate sous les cieux démocratiques, une tradition fait que le premier responsable du secteur éclaboussé dépose sa démission. Un geste qui ne diminue nullement son auteur. Tout au contraire, il le grandit quelque part du fait qu’il préserve des innocents et atténue la peine des coupables. Il indique surtout qu’une morale publique existe, au grand bénéfice des institutions étatiques. Chez nous, cette pratique n’est malheureusement pas présente dans les mœurs publiques et politiques. Les ministres qui, par le passé, ont démissionné, tous régimes confondus, se comptent sur les doigts d’une seule main. La pratique de faire payer des lampistes continue d’avoir de beaux jours comme en témoigne le scandale du strophe de l’hymne national amputé d’un livre scolaire. Il a suscité y compris l’émotion et la colère du président de la République et du conseil de gouvernement. En jetant en pâture deux fonctionnaires, on a dédouané l’administration centrale dont le rôle essentiel était pourtant de mettre en place les mécanismes de contrôle avant parution des contenus des livres scolaires
Le feuilleton de la pomme de terre avariée qui a alimenté le débat public ces derniers temps livre ses premiers secrets. L’agence canadienne d’inspection des aliments vient de confirmer l’exportation de pomme de terre infectée par la maladie de la pourriture bactérienne circulaire vers l’Algérie. Précisions: la pomme de terre exportée vers l’Algérie s’est faite de la province du Québec et non de celle de l’Ile-du-Prince-Edouard comme annoncé auparavant.
Une femme : Chafika Boudjelida
C’est cette entreprise qui aurait pris la responsabilité d’exporter cette pomme de terre sans attendre la délivrance, par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), d’un certificat phytosanitaire confirmant que le produit est exempt de la pourriture bactérienne, «en violation des règles sanitaires en vigueur au Canada et en Algérie».
La gérante de la société canadienne, Chafika Boudjelida, a menacé de poursuivre en justice certains titres de la presse nationale qui ont ébruité cette affaire et accusé à tort, selon elle, sa société. «Je me demande pourquoi on attaque aussi massivement la pomme de terre canadienne pour protéger celle en provenance d’Europe.
Pourquoi, vous, les journalistes, n’analysez pas vos informations avant de les publier et faire tout un débat pour l’intérêt des Européens?
Nous allons porter plainte contre vos insultes et votre mauvaise interprétation, et je vous assure que je gagnerai», a-t-elle répondu sur Internet.
Des tests canadiens ont démontré qu’une partie de la pomme de terre en provenance du Québec était atteinte de la flétrissure bactérienne, une maladie qui s’attaque à certaines plantes et qui peut causer des ravages aux cultures.
Ce sont les députés de l’opposition de l’Île-du-Prince-Edouard qui avaient souligné le caractère parfois dangereux de la bactérie.
Chafika Boudjelida, la propriétaire de l’entreprise Canadian Agricultural Produce, affirme que ce sont les médias algériens qui exagèrent les faits. «Il y a dix journaux qui ont écrit que la bactérie est mortelle.
Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise de plus?», dit-elle.
La société Canadian Agricultural Produce INC. a-t-elle été créée spécialement pour exporter de la pomme de terre vers l’Algérie en anticipant la situation de pénurie ? Selon des documents obtenus en exclusivité par «toutsurlalgerie.com», cette société a été créée il y a seulement huit mois, le 9 mars 2007, au Québec. Immatriculée sous le numéro 1164312366 au Registre de commerce québécois, cette jeune société spécialisée dans la commercialisation de produits agricoles a un actionnaire unique : Chafika Boudjelida qui en est également la présidente.
Plus curieux : Canadian Agricultural Produce INC ne possède aucun employé. Selon nos informations, cette société n’a exporté ses produits que vers un seul pays : l’Algérie. Aucun autre pays n’a acheté des produits agricoles québécois via cette jeune entreprise.
Au Québec, où réside une importante communauté algérienne, Mme Boudjelida reste un mystère. Résidant à Brossard, une banlieue chic de Montréal, elle n’entretient aucune relation avec la communauté algérienne sur place.
Dans ce contexte, plusieurs questions se posent : où Mme Boudjelida a-t-elle trouvé les millions de dollars nécessaires pour acquérir et exporter des milliers de tonnes de pommes de terre vers l’Algérie ? Pourquoi le gouvernement algérien a-t-il choisi de faire appel aux services d’une aussi jeune entreprise pour tenter de résoudre la crise de la pomme de terre dans le pays, en prenant le risque de voir des pommes de terre dangereuses pour la santé de la population commercialisées sur le marché ? Le gouvernement va-t-il répondre à toutes ces interrogations ?
( tousurlalgerie.com )
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